Dans un contexte où les données sont devenues centrales pour la création de valeur de nombreuses organisations, assurer le contrôle de ces données est devenu une priorité essentielle.
Cet article explore les défis, les avantages et les complexités associés à trois dimensions majeures de la gouvernance des données : la souveraineté, la confidentialité des données et la protection des données sensibles.
L'importance croissante de ces trois sujets est portée par plusieurs grandes macro-tendances. Parmi elles, l'explosion du volume de données, passant de 2 à 180 zettaoctets entre 2010 et 2025 selon Statista, largement alimentée par la numérisation, la démocratisation des technologies IoT et des réseaux sociaux, et plus récemment l'essor de l'IA générative.
D'autres facteurs contributifs incluent la vague croissante de réglementations dans de multiples régions du monde, l'augmentation des attentes des clients et des citoyens concernant la personnalisation, y compris l'hyper-personnalisation, et l'interconnectivité, ainsi que le retour des tensions géopolitiques et de la guerre sur le continent européen.
Plus de 50 % des grandes entreprises européennes transfèrent leurs données vers des plateformes américaines.
Objectif : Maintenir le contrôle sur les données, les algorithmes et les outils sans devenir dépendant d'acteurs externes tels que des États étrangers, des éditeurs de logiciels ou des plateformes d'IA générative pré-entraînées.
En 2022, les amendes liées aux violations de la vie privée dans l'Union européenne ont atteint 2,92 milliards d'euros.
Ces amendes reflètent plusieurs tendances convergentes : des attentes citoyennes croissantes concernant les questions éthiques telles que la RSE et la vie privée, une législation de plus en plus robuste répondant à ces préoccupations, et une application réglementaire plus stricte après une phase initiale axée sur la sensibilisation et l'éducation.
Objectif : Gérer les données personnelles, y compris les données clients, employés et de tiers, de manière éthique et durable.
En 2024, 33 millions de dossiers médicaux français, y compris des numéros de sécurité sociale, ont été divulgués suite aux cyberattaques Viamedis et Almerys.
Objectif : Sécuriser les données sensibles, c'est-à-dire toute donnée dont la divulgation incontrôlée pourrait avoir des conséquences négatives importantes, tout en réduisant la dépendance aux données sensibles chaque fois que possible.
La gestion des données sensibles, historiquement une préoccupation majeure au sein de l'industrie de la défense où des règles strictes et des cadres de gouvernance sont systématiquement établis en amont, devient de plus en plus importante dans d'autres secteurs également, y compris l'industrie pharmaceutique.
Dans le même temps, la tendance croissante à partager systématiquement les données entre plusieurs départements et domaines de données rend la protection des informations sensibles de plus en plus complexe.
En ce qui concerne les données personnelles sensibles et hautement sensibles, en particulier dans le secteur de la santé, il est essentiel de maintenir un contrôle de bout en bout sur les cadres juridiques régissant la collecte et le traitement de ces données.
Cela inclut les considérations fondamentales en matière de confidentialité des données telles que le consentement, l'intérêt légitime et l'intérêt public.
Pour éviter une complexité excessive des processus, surtout d'un point de vue juridique, plusieurs mécanismes apportent une valeur significative en dissociant partiellement ou totalement les données des individus qui y sont associés :
Dans le même temps, la sécurisation des données sensibles repose de plus en plus sur de nouvelles approches et des modèles de sécurité.
Adopter une stratégie de sécurité centrée sur les données signifie placer la protection des données au cœur de toutes les initiatives de cybersécurité. Cette approche reconnaît que toutes les données n'ont pas le même niveau de valeur ou de sensibilité, et que les mécanismes de protection doivent être proportionnels à la criticité de l'information.
Le modèle de confiance zéro est basé sur le principe de ne jamais faire confiance à quoi que ce soit, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du réseau, sans vérification préalable.
Toute tentative d'accès aux ressources de l'entreprise doit être authentifiée et autorisée.
Les ordinateurs quantiques promettent une puissance de calcul bien supérieure à celle des ordinateurs traditionnels, mais ils représentent également une menace majeure pour les systèmes cryptographiques actuels.
Les organisations doivent se préparer à cette transition en adoptant des techniques cryptographiques résistantes aux attaques quantiques. Ces attaques peuvent se dérouler en deux étapes : les données peuvent d'abord être volées et stockées sous forme chiffrée, avant d'être déchiffrées ultérieurement une fois que les capacités de calcul quantique seront disponibles.
Pour en savoir plus sur ces sujets et identifier les impacts et opportunités pertinents pour votre organisation, contactez nos partenaires et experts :
Morand Studer (Managing Partner, responsable des sujets Data)
Pietro Turati (Associé, responsable des sujets Cybersécurité)
Paul Schreiner (Manager, expert Cybersécurité)
Guillaume Coppola (Manager, expert en protection des données)